Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Voyages, rencontres & aventures

Articles récents

La vie en Thaïlande

20 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

La vie en Thaïlande

Avec ma licence de Thaï des Langues 'O en poche, je décide de m'installer pour quelques mois en Thaïlande. J'y resterai presque 2 ans. Après avoir fait traduire mon CV, je donne des cours d'anglais, de français et même d'italien. Je fais aussi de la traduction et le soir je suis DJ dans une discothèque tenue par un français, René.

Je loue un petit bungalow dans un vaste jardin et la plage est juste derrière. J'ai acheté un vélo pour me déplacer. Je donnais aussi des cours au staff des hôtels (femmes de chambres, réception, restaurant) et à la police touristique. Tous les 3 mois il fallait sortir pour avoir un nouveau visa (Penang, Singapour, Hong Kong). C'est une excellente expérience de vie, très dépaysante mais instructive sur une autre culture.

Après cela, le regard sur la France change, on est plus critique sans doute et c'est avec discernement que l'on observe les atouts et les contraintes de notre pays.

A la maison, salade de papaye au menu !

A la maison, salade de papaye au menu !

Lire la suite

Eté 1983 Thaïlande & Malaisie

20 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

Eté 1983 Thaïlande & Malaisie

J'ai passé l'été 83 à travailler pour payer la caution et le loyer de mon studio de la rue St Martin, face à Beaubourg. A la fac d'anglais, j'ai sympathiser avec Sophie et Claude Badion qui était déjà allé plusieurs fois en Thaïlande et en Birmanie.

Le récit de ses aventures, me donne envie de découvrir l'Asie du Sud-Est. Je pars seul, fin juin, via Amman, sur Royal Jordanian direction la Malaisie et il est convenu que Jacques Moueza me rejoigne en Thaïlande au mois d'août.

Après quelques jours à Bangkok, je descends en bus à Penang puis, je prends un petit vol pour Medan, dans le Nord de Sumatra. Très vite je pars pour Berastaggi et j'escalade le volcan, je rencontre en pleine jungle et sous la pluie, une française : Pierrette. Nombreuses balades en forêt puis, je vais à Prapat et Tuk Tuk sur l’île de Samosir au milieu du Lac Toba. Je loge à l’étage d’un bungalow Batak mansardé, pour déjeuner, nous cueillons des avocats sur l’arbre que l’on arrose de jus de citron. Je reste là deux semaines à me baigner avec les jeunes de lîle. J’achète un petit dictionnaire d’Indonésien et commence à apprendre quelques expressions. Le lac sert à tout, se baigner, se laver, faire la vaisselle et la lessive. Des étudiants de Medan campent à côté. J’écris : « Tout semblait si simple sur l’île oubliée du monde. Chacun vaquait à ses occupations sans rien faire de particulier. Les fruits frais remplissaient les estomacs, les cocotiers courronnaient les rêves et le soleil dorait les épidermes. Oui vraiment, le sablier de l’éternité semblait inépuisable et la cruelle absurdité de la vie n’en étant que plus évidente »

Puis, je retourne à Songhkla dans le sud de la Thaïlande et je vais à Ranot (pointe sud, très musulmane). Nous faisons des ballades en pirogue dans un village de pêcheurs sur pilotis. Je remonte ensuite à Bangkok où je retrouve Jacques Moueza qui vient d’arriver de Paris. La Thaïlande des années 80 avait des airs de paradis, bungalows sommaires sur immenses plages de sable fin désertes, gambas grillés et salades de papaye verte.

Après Hat Yai, nous allons avec Jacques à Hua Hin (ancienne station balnéaire Britannique avec un superbe hôtel, le railway hotel, qui sera racheté par Sofitel). Puis nous allons ensuite à Nakhon Pathom, Ayuthaya, Lopburi, Saraburi et retour à Bangkok. Enfin nous décidons de nous reposer sur la côte, vers Trat en allant sur l’île de Koh Chang. Là nous logeons dans un temple, couché sur le sol en teck, le matin, nous nous baignons avec les moines dans la rivière.

Cure de fruits : rambutans, papayes, mangues et ananas.

Dans les cascades

Dans les cascades

Dans la jungle malaise, sous la pluie, en randonnée.....

Dans la jungle malaise, sous la pluie, en randonnée.....

Lire la suite

Et 6 mois en Inde

20 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

En passante la douane à pied, un officier m'a pris en photo !
En passante la douane à pied, un officier m'a pris en photo !

Des palais Moghols aux plages du Tamil Nadu. Ce qui m’a plu davantage, c’est sans doute, le Tamil Nadu. Après 48 heures dans un train poussiéreux et poussif, Delhi semble si loin…. Ici les indiens sont souriants et bazanés. J’ai passé 18 jours dans la petite ville de Chidanbaram. Chaque jour, en vélo, je me promènais dans la campagne, entre les rizières. Chaque scène rurale, plantation de bananiers, la couleur des pousses de riz, la lumière du soleil généreux : tout est pour moi source d’émerveillement.

C’est la première fois que je séjourne en milieu tropical, ce climat chaud et humide, l'arrivée de la mousson, cette ambiance si particulière. Sur les plages, chaque jour, je me baigne avec les villageois.

Puis c'est le voyage du retour « Les trains indiens. Ce n’est pas une légende, ça existe vraiment. Une femme enceinte qui court avec deux bébés dans les bras et son mari derrière lui-même entouré d’une ribambelle de gamins et chargé de paquets. Les toits du train encombrés de gens emmitouflés dans des couvertures pour la nuit, j'ai même fais un trajet sur le toit du train, il fallait se baisser en passant sous les tunnels, les indiens avaient un réchaud pour faire chauffer l'eau du thé, scène surréaliste.....

A l’intérieur, couchés les uns sur les autres, des mains passent à travers les barreaux aux fenêtres et proposent des tasses de thé, des savons, des presse-citrons en plastique, des beignets ou des cacahuètes. Quand le train se meut lentement, des dizaines de passagers de dernière minute s’accrochent aux portes et aux fenêtres, à l’extérieur. Les marchands affolés tentent de récupérer leurs plateaux et leurs tasses. C’est ça la réalité des trains indiens. »

M'étant converti au végétarianisme, par philosophie pour le respect de la vie animale, je décide de m'y tenir à mon retour en Europe, comme Alex, cela me convient très bien.

Temple des Sikhs à Amrsitar

Temple des Sikhs à Amrsitar

Le sud, avant la mousson.....

Le sud, avant la mousson.....

Sur les plages du Tamil Nadu

Sur les plages du Tamil Nadu

Lire la suite

1983 Deux mois au Pakistan

20 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

1983 Deux mois au Pakistan

Lorsque le 7 octobre, je décolle à 12h25 pour Karachi via Moscou, je n'imaginais pas faire un si long voyage. C'était la première fois que j'allais en Asie, j'avais bien préparé mon itinéraire : remonter la vallée de l'Indus, aller au Cachemire, passer en Inde et descendre du Rajasthan à l'Inde du Sud.

En fait le coût de la vie était si bas que mon budget me permettait de rester longtemps (ayant bossé tout l'été chez Paribas, avenue de l'opéra). Bien entendu il y avait la Fac d'anglais, mais je pourrai toujours récupérer les cours sur Nathalie et passer les examens de juin, voir même le rattrapage de septembre à Charles V. Donc confiant, je commence mon séjour au YMCA de Karachi. Je sympathise avec un journaliste français qui allait à Quetta pour enquêter sur les détournements de dons de la CEE aux réfugiés afghans. Je demande mon visa pour l’Inde.

Apprenant qu'une grande fête religieuse aurait lieu d'ici 15 jours, je décide de patienter en allant à la plage de Clifton, voir l’aquarium tropical. Ensuite je vais sur la plage de Spitsand et je fais du stop pour Hawkes Bay. Le 16 octobre, je vais à Hyderabad, visite le marché (le plus long du Pakistan 2,4 Km). Préparatifs pour la fête du lendemain (stands fleuris et guirlandes avec des gamins qui offrent de l’eau) et visite en voiture des deux forteresses (l’ancienne et la nouvelle) ainsi que de la grande mosquée.

Vient la fête de Moharram avec les auto-flagellations en public. Je suis éclaboussé du sang des fidèles, je fais plein de photos et pense naïvement pouvoir les vendre à un magazine, genre Grand Reportage ou Géo.

Puis je prends le train pour ‘Pindi. Gorges, tunnels, paysages assez méditerranéens en somme. Dans le train, une famille de pakistanais me propose de séjourner chez eux, ils sont très sympas, je reste 3 jours avant de continuer pour Taxila et de prendre l'avion pour Gilgit.

Les abricots qui sèchent au soleil, la rencontre du Roi des Hunzas (car le royaume avait été rattaché au Pakistan en 1974) et chaque étranger devait se présenter en audience au roi, assez simple somme toute et qui m'a montré des photos de ses ancêtres en compagnie de militaires britanniques. Passage de la frontière à Lahore.

Quand je pense qu'aujourd'hui un tel voyage serait tout simplement impossible, j'apprécie d'avoir pu le faire à cette époque.

CI-dessous : le palais de Hunza ; le resto (eh oui on avait peur de rien) et les flaggellations de Muharram.

Palais du roi des Hunzas au nord Pakistan

Palais du roi des Hunzas au nord Pakistan

Le "chef" aux fourneaux !

Le "chef" aux fourneaux !

Flagellations de Muharram

Flagellations de Muharram

Lire la suite

Noël 81 à Londres Nouvel An à Gênes

20 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

Noël 81 à Londres Nouvel An à Gênes

Avec ma copine Muriel nous allons passer Noël à Londres mais tout est fermé, même le métro le 25 décembre. Il fait un froid de canard, rien à voir avec l'ambiance de l'an dernier, sans doute grace à Patricia et les soirées Punks. Nous rencontrons des italiens à l'auberge et d'un commun accord avec Mumu, presque sans parler, nous décidons de quitter les brumes londoniennes pour fuir vers notre terre de prédilection : Italia. A Paris, ma mère nous dépose à la première station service de l’autoroute du sud. Une Porche nous amène d’une traite jusqu’à Nice en un temps record. Nous y dormons et continuons pour Gênes le lendemain. Nous séjournons donc chez Claudio. Nous allons au Luna Park, dans un café, il y a un graffiti « Viviammo tutti sotto lo stesso cielo ma abbiamo tutti un orizonte diverso » C’est bien vrai. Nous faisons de grandes balades le long de la mer, tout se passe bien et c’est à regret que nous rentrons à Paris.

Lire la suite

Eté 81

20 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

Eté 81

Avec le Bac en poche, je file chez des amis en Bretagne mais le temps est assez pluvieux. Je poursuis donc mon voyage en Italie par Bologne, la Toscane, je retourne à Arezzo juste pour voir le Palio (raté l’an passé), Lucca, le lac Tresimonte puis Perugia, Assisi et je remonte tranquillement en m’arrêtant à Milan.

Eté 81
Lire la suite

Londres Noël 80 Bavière Février 81

20 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

Londres Noël 80 Bavière Février 81

Avec Patricia, nous décidons d’aller passer Noël et le jour de l’An à Londres. A la gare Victoria, on nous indique un « hostel » pas cher : L’Astor, à South Kensignton dans Chelsea. Ambiance très sympa, petits dortoirs, discothèque au sous-sol. Patricia a un copain punk : John. Je passe dire bonjour aux Welch à Stevenage. Un séjour en Grande Bretagne sans les voir me semblait inconcevable. Martin à grandit, c’est déjà un adolescent maintenant.

Je décide de passer les vacances de février en Bavière. Je commence par aller à Nuremberg. Une fois à Munich, à l’auberge de jeunesse, je sympathise avec un Sarde, Alberto. Nous visitons les équipements Olympiques de 72, théâtre de la prise d’otage des athlètes israéliens. Le stade est couvert de neige, puis nous allons à Füssen, visiter les châteaux de Louis II. Nous louons un vélo à la gare mais arrivons après la fermeture de Neuschwanstein que nous nous contenterons de photographier de l’extérieur. Je vais ensuite rendre visite à Milan, à Prague

Lire la suite

Toussaint 1980 Grand duché du Luxembourg

19 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

Toussaint 1980 Grand duché du Luxembourg

L'automne dans les Ardennes, j'y pensais depuis un certain temps. C'est proche, les couleurs doivent être magnifiques. J’avais décidé de visiter tous les pays européens. Dans la ville de Luxembourg, je visite les casemates (fortifications creusées dans la falaise.) L’auberge de jeunesse est très sympa, dans un vaste parc après le viaduc. A Hollenfels, je dors aussi à l’A.J qui est située dans le château-fort. Je vais ensuite à l’abbaye de Clairvaux, à Ansembourg puis à Vlanden (un château du XVème siècle), Beaufort et enfin Echternach où j’effectue une grande ballade dans la forêt ardennaise enflammée des couleurs d’automne avant de pique niquer près d’une chute d’eau. Je rentre à Luxembourg-ville en auto stop. Je reprends le chemin du lycée, bien décidé à réussir mon trimestre et surtout le Bac.

Toussaint 1980 Grand duché du Luxembourg
Lire la suite

Grèce & Italie 1980

19 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

Grèce & Italie 1980

Pendant l'été 1980, j'ai décidé de visiter seul la Grèce et la Turquie. Budget étudiant, je pars en autocar, genre Eurolines mais après 2 jours et demi dans le bus, je décide de descendre à Salonique, même si j'avais payé jusqu'à Athènes.

Je rejoins Athènes et vais camper au Cap Sounion où je rencontre de jeunes français : Olivier (1), Olivier (2) et Thierry, lycéens comme moi. Après 2 ou 3 jours de plage, nous allons faire du camping sauvage à Larissa, puis à Trikala, Kalambaka et les Météores, Lamia, Thisolaka, Livadia, Delphes, Athènes et le cap Sounion où nous campons presque une semaine dans la crique, sous le temple. Sur la grande plage à côté, il n’y a que deux restaurants de poissons. Puis nous continuons vers Corinthe, Mycènes, Nauplie, Epidaure, Arghos, Athènes et je quitte mes amis de la Celle saint Cloud pour aller à Sofia, en Bulgarie, en train. Il a été difficile d’avoir un lit à l’auberge de jeunesse, il y des Levs échangés à partir de dollars et les autres, au marché noir. Je rencontre un Japonais, Masso, un Français, Bruno et un Palestinien, Saad. Pour quitter le pays vers Istambul en train, ça a été très compliqué, du coup ça a gâché le séjour à Sofia.

Après deux semaines à Istambul, je traverse la mer de Marmara en ferry pour rejoindre Bursa, Izmir, Kerçut et Kuçadasi où je dors sr la plage. Un pêcheur turc m’offre à manger et me propose de dormir dans sa barque. Après Ephèse, je reprends le bateau vers Samos où je dors encore sur la plage mais là, nous sommes des centaines, c’est la police qui nous oriente vers la plage car il n’y a pas assez de lits dans l’île. De retour à Athènes, je vais acheter mon billet de retour. Malheureusement, nous sommes en août et c’est donc plus cher qu’en juin (j’avais demandé les prix du retour en arrivant en Grèce.) Je me souviens d’une annonce à l’auberge de jeunesse. Je travaille donc comme plongeur, j’appelle en PCV en France pour donner de mes nouvelles mais je ne dis pas qu’il me manque de l’argent. Donc de 08h00 à 12h00, je débarasse les tables, je fais la vaisselle et le ménage des parties communes. Je recommence de 15h00 à minuit, en compagnie d’une anglaise (Rita) qui rentrait des Seychelles et de 3 mois dans un kibboutz en Israël. On gagne 100 drachmes (10 Ffr par jour) pour 10 heures de travail. Enfin, j’achète mon billet d’autocar mais en Yougoslavie, on nous annonce que la France sera contournée car la réglementation des autocars empêche le véhicule de transiter par la France. La destination sera donc Bruxelles. Plutôt que d’arriver en pleine nuit à Bruxelles, sans argent, je décide de quitter l’autocar en début d’après-midi à Bâle. Je continu en stop et me retrouve bloqué à Beaune, au parking de l’autoroute où de nombreux jeunes passent la nuit. J’appelle mon grand-père, qui viendra me chercher en voiture le lendemain.

Un mois après me voici de nouveau sur la route des vacances. Je parle italien et c'est en toute confiance que je vais en Ligurie. A Marina de Massa, je rencontre Alex Perkins et deux filles anglaises à la plage, sur la photo. Alex part vers Innsbruck en Autriche, je rejoins Florence et la Toscane. J'y rencontre Muriel Doyen et nous convenons d'aller dans le sud ensemble. Muriel parle bien italien et nous nous entendons très bien. A Salerne, on nous propose de parcourir la côte Amalfitaine, c'est une merveille. Puis Pompéi, le Vésuve et nous remontons vers Paris car la rentrée de septembre approche et c'est l'année du Bac.

Lire la suite

Derrière le rideau de fer

5 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

Derrière le rideau de fer

J'avais trouvé un correspondant par une association parisienne. Au début je souhaitais un Soviétique mais, comme il n'y en avait pas, j'ai commencé à écrire à un Tchèque. Les journées de cours, s’enchaînent avec monotonie au lycée Maximilien Sorre. Fin mars, avec Patricia, nous allons chez sa cousine qui est coiffeuse à Créteil pour nous faire faire une permanente. Nous sommes frisés comme des moutons. Le soir même je prends le train pour Liège où je vais au grand escalier sur la colline, Aachen, Hannovre. Je passe à Gottingen dont m’avait parlé Nanou. Je continu vers Varsovie, il fait très froid, il y a de la neige partout. J’ai détesté Varsovie, j’ai passé la soirée au palais de la Culture, voir un film américain sur la guerre du Vietnam qui durait 30 minutes au lieu d’une heure et demi, à cause de la censure qui a supprimé trop de scènes, rendant le film incompréhensible. Je visite en patin (pour ne pas abîmer les parquets), l Palais de Willanov puis, je continue, toujours entrain, pour Cracovie. Le Wavel, Oswiecim et les mines de sel de Wielicka. Je logeais chez l’habitant et je laisse à ce brave chauffeur de taxi, une petite radio en guise de cadeau. Un jour, je venais d’acheter des tickets de tram et un coup de vent sur un pont a tout emmené, j’étais furieux, mettant du temps à me raisonner que ce n’était que quelques centimes….. Ce jour-là, je suis monté au monastère de Tyniec, de la vierge noire, écouter des chants Grégoriens. Il y avait de fortes rafales de vent, assez grisantes. En arrivant à Oswiecim, j’écris : « L’aube fraîche et claire pointait lentement sur la petite gare ferroviaire d’Oswiecim. Le train grince en frênant et se bloque dans un concert inharmonique de cris métalliques apocalyptiques exacerbés. Sur le seuil de la portière, je respire une grande bouffée d’air froid en retractant les yeux rougis et gonflés par le manque de sommeil. Face au vent piquant du Nord qui cingle mon visage, je saisis mon baluchon et rejette mon écharpe sur mon épaule gauche. Mes talons traînent sur le quai bitumé et un bref coup de sifflet libère le convoi vers d’autres espaces. De la passerelle on aperçoit clairement les quelques usines de la petite ville et la fumée bleutée qui s’échappe de leurs cîmes pour venir tâcher comme de l’encre le papier rose et bleu pâle du ciel lumineux. Les rues bientôt se succèdent, la gamme de gris qui compose le décor est soudain brisé par l’arrivée d’un autobus jaune et rouge. Les fils électriques sont cachés par son toit massif. Existent-ils toujours d’ailleurs ? Le véhicule me mènera à la terre du faucheur fou qui avait un nom d’outre Rhin. Ici les foules contraintes se bousculèrent pour succomber. La souffrance a grignoté l’espoir jusqu’à ce qu’il s’évapore par les hautes cheminées des fours. Ces pélerins esclaves sont tombés comme au long d’une horrible et fatale traversée en mer. Le vent peut bien, balayer les feuilles aujourd’hui, il ne peut effacer le souvenir du passé, ni les années de nos aînés. Il ne peut que sêcher mes larmes, roser mes pomettes, déranger mes cheveux et gonfler mes vêtements quand je me teins raide sous le porche métallique qui mensongeait la liberté en échange du labeur » Je continue mon périple avec Prague et Jicin où je devais rencontrer mon correspondant, Miroslav. En fait, il parlait à peine quelques mots d’anglais et pas du tout de français. Je rencontre son cousin, Milan Jezek, qui me fait conduire sa vieille Lada jaune dans les monts de Bohême. Nous dormons au foyer des étudiants à Prague et visitons la Bohême du nord.

Derrière le rideau de fer
Derrière le rideau de fer
Lire la suite
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 > >>