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Voyages, rencontres & aventures

Juillet 2019 Les Hittites (Hattusa) et la Cappadoce

12 Octobre 2019 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

CAPPADOCE

Les Hittites s’établirent en Cappadoce (KAPADOKYA) entre 1.800 et 1.200 av. JC. Des royaumes de moindre importance leur succédèrent avant que les Perses puis les Romains (qui firent de Césarée, l’actuelle Kayseri, leur capitale) ne s’y installèrent à leur tour.

Pendant les périodes romaines et byzantines, la Cappadoce servit de refuge aux premiers chrétiens et, du IV au XI siècle, le christianisme s’y épanouit. La plupart des églises, des monastères et des villes souterraines datent de cette période. Sous la férule des Seldjoukides et des Ottomans, les chrétiens furent traités avec tolérance.

La Cappadoce perdit ensuite progressivement de son importance en Anatolie. Son riche passé et son patrimoine étant en passe d’être oubliés lorsqu’un prêtre français redécouvrir les églises troglodytiques en 1907. L’essor touristique date des années 1980, c’est désormais une des régions les plus visitées de Turquie.

AVANOS & CARAVANSERAIL DE SARIHAN

Porte très ouvragée et surmontée d’une petite mosquée. Restauré à la fin des années 1980, c’est l’un des plus beaux caravansérails Seldjoukides encore existant. Sur la piste de terre, on a l’impression d’être un marchand au XIII siècle s’apprêtant à laisser ses dromadaires se reposer pour rejoindre les autres négociants. La cour intérieure de pierre est très dépouillée.

GÖREME : Entouré de spectaculaires vallées lunaires et dorées, ce remarquable village couleur miel, creusé dans les collines, conserve un charme intact. Nombreux hôtels troglodytiques de charme, le musée en plein air offre un témoignage complet de la vie byzantine dans un cadre splendide et des paysages féériques.

ÜRGÜP : Lorsque la population grecque fut expulsée d’Ürgüp en 1925, les nombreuses maisons en pierre de la ville furent progressivement laissées à l’abandon jusqu’à ce que le tourisme prenne son essor. Aujourd’hui, ces vestiges d’une époque oubliée entament une nouvelle vie en rejoignant la liste des hôtels de charme les plus luxueux de Cappadoce. Ürgüp est une retraite champêtre sans être trop rurale, son centre moderne et animé offrant un contraste marqué avec les ruelles de la vieille cité à flanc de colline.

ORTAHISAR : Ce village agricole a semble-t-il été oublié des instances touristiques. Connu pour le château escarpé qui lui a donné son nom, Ortahisar incarne la quintessence de la petite ville rurale de Cappadoce. En contrebas de la place principale, on trouve des rues pavées aux maisons de pierre magnifiquement patinées, conduisant vers une gorge rocheuse émaillée de pigeonniers. Le château occupe un piton rocheux de 18 m de hauteur et servit de forteresse à l’époque byzantine. Des travaux de restauration ont permis de stabiliser l’édifice qui peut maintenant se visiter. Déjeuner au Tandir restaurant d’un succulent plat de fleurs de courgettes farcies (kabak cicegi dolmasi)

MUSTAFAPAÇA : Ce magnifique village qui émerge lentement du passé, reste largement ignoré des touristes. Souvent appelé par son nom grec d’avant-guerre, SINASOS, il abrite l’une des plus charmantes architectures de la région : des demeures helléniques sculptées dans la pierre, rappelant cette époque prospère où de riches marchands gréco-ottomans constituaient une portion non négligeable de la communauté. L’église de Saint Constantin et Sainte Hélène date de 1729, elle trône sur la place principale du village. Une belle vigne en pierre court autour de la porte, tandis que l’intérieur assorti d’une coupole, dégage un parfum pittoresque avec ses fresques défraîchies du XIX siècle.  

VALLEE ROSE (Güllüdere Vadisi) et VALLEE ROUGE (Kizilcçukur Vadisi)

 

VALLEE DE L’AMOUR (Görkündere Vadisi)

GÜLSEHIR : Eglise Saint Jean du XIII siècle, elle est incroyable, sur deux niveaux, creusée dans la roche, elle renferme des fresques magnifiques représentant notamment l’annonciation, la descente de la croix, la Cène, la Trahison de Judas et le Jugement dernier (rarement figuré dans les églises de Cappadoce). En 1995, toutes les fresques ont retrouvé leur éclat d’antan grâce à une minutieuse restauration.

Meilleure randonnée matinale : Vallée de Görkundere, angle du soleil souligne parfaitement les formations rocheuses

Meilleure randonnée pour ceux qui n’ont qu’un jour : Vallée rose et rouge, chaque détour révèle un tableau différent, c’est en fin d’après-midi que la lumière est la plus belle

Meilleure randonnée aventureuse : de Zelve à Cavusin via Pasabagi

Meilleure randonnée pour échapper à la foule : Vallée de Zemi est très jolie et peu fréquentée

COURS DE CUISINE TURQUE DE FATIMA

HAMMAM ELIS KAPADOKYA / HAMMAM KELEBEK

CEREMEONIE DES DERVICHES TOURNEURS, DANSEUSES DU VENTRE

HACI BEKTAS VELI et la confrérie BEKTASI. Né à NISHAPUR 5Perse), au XII siècle, Haci Bektas Veli est à l’origine d’une doctrine religieuse et politique associant plusieurs éléments de l’islam, tant sunnite que chiite, à certains principes de la chrétienté orthodoxe. On sait qu’il voyagea à travers l’Anatolie et vécut à Kayseri, à Sivas et à Kirsehir, avant de s’installer à Hacibektas, qui n’était alors qu’un hameau.

On sait peu de choses sur le personnage lui-même. Son ouvrage le MAKALÂT, présente une philosophie mystique moins stricte que le courant dominant de l’islam et décrit les quatre étapes permettant d’accéder à l’illumination (les Quatre Portes). Souvent méprisé par les théologiens musulmans dominants, les derviches bektasi n’en exercèrent pas moins, une grande influence religieuse et politique à l’époque ottomane. Comme tous les ordres derviches, ils furent interdits en 1925 par Atatürk.

Le pèlerinage actuel des derviches bektasi est très important pour la communauté alévie actuelle. Les politiques occupent généralement le devant de la scène le premier jour, alors que les deux journées suivantes sont consacrées à la musique et à la danse.

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE : LES CITES SOUTERRAINES

Le vaste réseau de cités souterraines de la région, mentionné pour la première fois par Xénophon (430 av. JC-355 av. JC), écrivain, philosophe et homme politique grec, dans son récit historique de l’Anabase, aurait été creusé à l’origine par les Hittites. Au VI et VII siècle, les chrétiens byzantins étendirent et agrandirent ces cités, qu’ils utilisèrent pour fuir les persécutions. Lorsque les armées perses et arabes approchaient, on allumait des signaux lumineux. Le message d’alerte pouvait voyager de Jérusalem à Constantinople en quelques heures. Lorsqu’il atteignait la Cappadoce, les chrétiens rassemblaient leurs affaires et se réfugiaient dans les réseaux souterrains pendant des mois. Le déguisement des conduits d’aération en puits faisait partie des mécanismes de défense mis au point par les habitants. Les attaquants pouvaient jeter du poison pensant qu’ils contaminaient l’eau ; les feux occasionnés étaient faciles à éteindre, tandis que la fumée était soit absorbée par la roche tendre (du tuf) soit dispersée dans les conduits – elle ne livrait ainsi aucun indice aux ennemis.

Les conduits qui s’enfonçaient jusqu’à 100 m dans certaines cités, jouaient aussi un autre rôle. Au fur et à mesure qu’on creusait de nouvelles salles, les gravats y étaient stockés ; les conduits étaient ensuite vidés et creusés encore plus profondément pour que les travaux puissent commencer au niveau suivant. Certaines cités étaient d’une taille remarquable : Derinkuyu et Kaymakli abritaient entre 8 et 10.000 habitants.

37 cités ont été mises au jour, il y en aurait au moins une centaine d’autres et on ne connaitra peut-être jamais la véritable étendue des refuges souterrains.

Visiter ces cités troglodytiques est une véritable plongée dans l’histoire : d’étroites galeries mènent dans les profondeurs de la Terre, et l’on franchit au passage des étables équipées d’attaches pour les animaux, des églises comportant des autels et des fonts baptismaux, des greniers pourvus de meules et des cuisines noircies par la fumée, dont on aperçoit encore les fours. Attention aux claustrophobes et aux misanthropes quand le site est bondé.

GUZELYURT et OZKONAK près d’Avanos, KAYMAKLI (dédale de tunnels et de salles sur 8 niveaux), DERINKUYU (10 km au sud de Kaymakli, vastes et profondes salles sur 7 niveaux, ÖZLÜCE et GAZIEMIR avec tonneaux de vin, entrepôts de nourriture, hammam et four en argile (tandir). Des os de chameaux et des failles dans la roche pour attacher des animaux suggèrent qu’elle a également servi de caravansérail souterrain.

LES MARAIS DU SULTAN : réserve ornithologique de réputation internationale. 30 espèces d’oiseaux y font halte en provenance d’Afrique, de Russie et d’Europe continentale.

LES CHEVAUX D’EKREM ILHAN : A l’époque où la Perse dominait la Turquie, la KATPATUKA (Cappadoce) était réputée dans tout l’empire pour ses magnifiques chevaux. En Iran, sur les reliefs du Palais de Persépolis représentant les délégués des Etats assujettis à la Perse, les visiteurs de la Katpatuka sont représentés apportant des chevaux en offrande.

 

LES CHEMINEES DE FEES : les PERIBACALAR (cheminées de fées) qui ont rendu la Cappadoce célèbre sont le résultat d’une série d’éruptions volcaniques survenues il y a 12 Millions d’années. Un malentendu fréquent voudrait que les responsables de ce déchaînement géologique soient l’ERCIYES DAGI et le HASAN DAGI qui dominent encore aujourd’hui les paysages cappadociens. Or ces volcans, aujourd’hui en sommeil, ne se sont formés que bien plus tard. Les coupables ont depuis longtemps disparu sous les effets de l’érosion, laissant peu de traces de leur formidable puissance passée. Durant cette intense période volcanique, qui dura plusieurs millions d’années, de violentes éruptions se produisirent dans toute la région. La cendre volcanique recrachée se durcit et forma de multiples couches de roche – le tuf (cendre volcanique agglomérée) en termes géologique. Lentement mais sûrement, ces couches subirent les effets conjugués du vent, de l’eau et de la glace.

C’est donc à l’érosion naturelle que l’on doit ces étranges paysages de Cappadoce. Lorsqu’un bloc de pierre dure repose sur une couche de pierre plus tendre, cette dernière est protégée tandis que le reste s’amenuise progressivement. C’est là tout le secret de ces étranges pitons isolés qu’on surnomme les « cheminées de fée ». Les paysans les appellent KALELAR (châteaux)

FRESQUES DE CAPPADOCE

Fresques des églises troglodytes réalisées A SECCO (tempura appliquée sur du plâtre sec) elles datent des X et XII siècles.

CHRIST PANTOCRATOR : Christ « Tout Puissant » généralement peint sur les dômes tenant un livre d’une main et effectuant un signe de bénédiction de l’autre.

NATIVITE : Naissance de Jésus à Bethléem, celle du monastère de ESKI GÜMÜSLER est superbe.

TRANSFIGURATION : Miracle de la métamorphose du Christ devant ses disciples, le TOKALI KILISE en est une belle représentation.

ANASTASIS : La « Résurrection » le Christ est représenté avec des prophètes, libérant les âmes de l’enfer. Le KARANLIK KILISE en est un très bel exemple.

DESIS : Semblable au « Christ Pantocrator » les scènes de la Déisis révèlent un Christ assis, entouré de la Vierge Marie et de St Jean Baptiste.

JUGEMENT DERNIER : Lorsque les âmes justes montent au Paradis, celle de l’église St Jean à GÜLSEHIR est parfaitement conservée.

 

MONTGOLFIERE

La Cappadoce est le lieu idéal pour un premier vol. Les conditions sont favorables et les ballons peuvent décoller toute l’année. Les vols ont lieu à l’aube, malheureusement, à cause de la demande, certaines agences proposent un 2ème départ dans la matinée, les vents sont alors moins favorables et potentiellement dangereux. C’est une pratique à risque. Un accident fatal a eu lieu en 2013. BUTTERFLY BALLOONS, ROYAL BALLOONS et VOYAGER BALLOONS.

PRESERVER LA CAPPADOCE : Comme nombre de régions ayant connu un essor touristique, la Cappadoce joue les équilibristes entre AUTHENTICITE (ce qui a attiré les visiteurs en premier lieu) et GESTION DES VELLEITES DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE. Avec ses paysages fabuleux et ses abris sculptés dans la roche, la région a délaissé l’agriculture de subsistance pour s’imposer comme l’une des destinations touristiques les plus originales du monde.

Toutefois, cette popularité croissante n’est pas sans poser de problèmes. La volonté du secteur de la montgolfière d’élargir sa clientèle a conduit au bétonnage de certaines portions de vallées pour construire de multiples sites de décollage. La popularité des circuits en jeep et en Quad s’est traduite par une érosion inutile dans les vallées. La construction hôtelière a explosé sous l’effet de quelques entrepreneurs soucieux de faire de l’argent plutôt que de préserver le riche patrimoine naturel de la Cappadoce.

Fort heureusement, la majorité des habitants savent ce qui fait la valeur de leur magnifique région. Récemment, des lois ont interdit l’accès des véhicules aux vallées et limité le nombre d’agences proposant des vols en montgolfière. Autre signe encourageant, les habitants ont contesté un projet de construction hôtelière peu pertinent à UCHISAR et obtenu du tribunal l’arrêt des travaux. Avec l’appui de l’industrie touristique locale, la Cappadoce semble avoir désormais trouvé son équilibre – celui d’une région touristique et responsable.

KAYSERI
Le château de Kayseri. Formidables murs en basalte datent de l’empereur romain GORDIEN III avant d’être reconstruits 300 ans plus tard par l’empereur Byzantin, Justinien. L’aspect actuel date surtout du sultan Seldjoukide ALAADIN KEYKUBAT (XIII siècle)
Eglise Saint Grégoire l’illuminateur (Surup Krikor Lusavoric Kilise) une des rares églises arménienne subsistant en Anatolie.
Le Musée de la civilisation Seldjoukide est installé dans la Cifte Medrese (un hôpital-séminaire) du XIII siècle. Ce serait l’une des premières école de médecine du monde, construit à la demande du sultan seldjoukide Keyhüsrev 1er et de sa sœur Gevher Nesibe Sultan. L’architecture, d’une imposante sérénité, sert d’écrin à de splendides expositions détaillant l’art, la culture et l’histoire des Seldjoukides.
Le Musée d’ethnographie est fermé pour restauration mais sa royale façade en pierre noire et blanche du XV siècle, aux influences Mamelouks est magnifique.
Le kilo de cerises noires et charnues 7 TL (1,15€) c'est cadeau !

HATTUSA et YAZILIKAYA : Ces 2 sites sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, correspondant à l'apogée de la civilisation HITTITE. HATTUSA était la capitale alors que YAZILIKAYA était un sanctuaire religieux. La ville a compté jusqu'à 40.000 habitants, une épaisse muraille, longue de 6 km la protégeait. Le Grand Temple (Büyük Mabet) date du XIV siècle avant JC, on y voit un cube de roche verte (néphrite) offert par Ramsès II, après la signature, au XIII siècle av. JC du traité de paix de KADESH (près de Homs en Syrie). Les Hittites ont régnés sur un vaste empire, conquirent Babylone et rivalisèrent avec les pharaons d'Egypte. C'est l'archéologue Charles Texier qui a découvert, en 1834, les vestiges d'Hattusa. Les milliers de tablettes d'argile écrites en cunéiforme, ont permis aux historiens de reconstituer leur histoire. Ils parlaient une langue indo-européenne et ont pénétrés en Anatolie il y a 4.000 ans. Ils adoraient plus de 1.000 divinités dont les plus importantes étaient TESHUB, le dieu de l'orage et HEPAT, la déesse du soleil. L'ordre était bien établi dans la société Hittite avec plus de 200 lois. L'Empire fut démantelé suite à des luttes intestines et par l'arrivée des "Peuples de la mer", seules quelques cités-Etats de Syrie survécurent un temps après la chute d'Hattusa en 1.200 av. JC

Juillet 2019 Les Hittites (Hattusa) et la Cappadoce
Juillet 2019 Les Hittites (Hattusa) et la Cappadoce
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