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Voyages, rencontres & aventures

ANATOLIE ORIENTALE

11 Septembre 2018 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

TRABZON (Trébizonte). C’est un port actif sur la Mer Noire qui mèle effervescence cosmopolite et ambiance un peu louche de cité portuaire. La grande place (Atatürk Alani) est débordante de commerces avec une foule bigarré qui déambule sans fin. La ville exotique décrite par Rose MACAULAY dans Les Tours de Trébizonte (1956) n’est plus qu’un lointain souvenir.  Les premières traces de l’histoire de Trabzon datent du milieu du VIII siècle av. JC quand des colons de Milet viennent de Sinop et fondèrent Trapezosle sur la trapeza (« table » en grec), le plateau qui surplombe le port. La cité portuaire prospéra pendant 2.000 ans, jusqu’à la pris de Constantinople par les soldats de la 4ème croisade en 1204, qui contraignit les familles nobles à se réfugier en Anatolie. La famille impériale Commène établit alors un empire sur la côte de la mer Noire, et Alexis 1er Commène fut le premier empereur de Trébizonte. Au cours des deux siècles suivants, les empereurs et impératrices équilibrèrent habilement les alliances avec les Seljoukides, les Mongols et les génois. S’enrichissant grâce au commerce avec l’Anatolie orientale et la Perse, l’empire atteignit son apogée sous Alexis II (1297-1330) avant de décliner en raison de querelles intestines. Il survécut jusqu’à la conquête ottomane en 1461, huit années de plus que Constantinople. Le musée de Trabzon (miason Kostaki de 1913, construite dans le style italien par un négociant russe) comprend des éléments rococo, Art nouveau et néoclassiques. Elle accueillit brièvement Atatürk en 1924 et 1937 mais malheureusement elle était fermée pour restauration.

MONASTERE SUMELA le monastère grec orthodoxe de la Vierge-Marie était lui aussi fermé pour travaux, mais j’ai pu l’admirer de l’extérieur, dans son écrin de conifère,dominant un torrent tumultueux, haut-perché dans la montagne. Fondé au IV siècle, il fut abandonné en 1923 après la création de la République Turque et le prétendu échange de populations avec la Grèce. Le nom de Sumela provient du mont Melat voisin. L’endroit est magique surtout quand vient la brume dans ces vallées boisées et que l’appel à la prière s’élève de mosquées invisibles.

MONTS KAYÇAR la rivière Çoruh offre des rapides impressionnants. En été on croisera des HECHIMIS (arménien de HEMSIN) ils dansent le HORON, un croisement entre la ronde et le madison qui se danse sur le rythme endiablé du TULUM, sorte de cornemuse en peau de chèvre. Les femmes portent un peu partout de superbes coiffes avec un cardigan, une longue jupe et des baskets ou des bottes en laine. Ce sont des Hémichis émigrés à l’étranger qui rentrent au pays pour participer au Festival de Çamlihemsin Ayder.

ERZURUM L’artère principale est bordée de monuments historiques (mosquées et médersa – écoles coraniques) seljoukides, saltukides et mongoles + la citadelle.

KARS avec ses impressionnants édifices en pierre aux tons pastels, Kars ne ressemble guère à une ville du nord-est de l’Anatolie. Le mélande des influences azéri, turkmène, kurde et russe ajoute encore à son ambiance particulière. Pas étonnant que l’écrivain Orhan Pamuk y ait situé l’intrigue de son roman Neige (Gallimard, Folio, 2007). Les produits du terroir se composent d’un excellent miel (bal) et fromage (peynir). La ville est dominée par une austère forteresse médiévale car la ville fut jadis un bastion arménien et la capitale du royaume bagratide (avant Ani). Au XIX siècle elle devint un enjeu territorial entre la Turquie et la Russie. Les Russes s’en emparèrent en 1878 y établirent une garnison. En 1920, au moment de la guerre d’indépendance, la ville fut reprise par l’armée républicaine turque. Les solides édifices en pierre bordant les rues du centre datent généralement de l’occupation russe. Les habitants affirment descendre des Karsak, peuple turcique venu du Caucase au 1er siècle av. JC qui aurait donné son nom à la ville. En contrebas de la forteresse on voit un vieux pont en basalte du XIV S (Tas Kopru) et plusieurs hammams du XVIII S (Hammam Maklum Aga et Hammam Cuma). La forteresse érigée par les Saltukides en 1153 a été rasée par les troupes de Tamerlan en 1386 puis reconstruite à plusieurs reprises. Lorsque les troupes russes se retirèrent en 1920, Kars passa sous le contrôle des Amréniens, alliés des Russes, jusqu’à la reconquête par les forces républicaines. Nuit au superbe hôtel Cheltikov dans un majestueux bâtiment du XIX siècle

ANI Les majestueux édifices en ruine sur des étendues d’herbe ondulante rappellent que cette ville fantôme  fut jadis la glorieuse capitale de l’Arménie, forte de 100.000 habitants, qui rivalisait avec la puissance de Constantinople. Les ruines, le plateau battu par les vents qui domine la frontière turco-arménienne (fermée) et l’absence totale de visiteurs créent une atmosphère inoubliable. Dans le silence que seul le bruit de la rivière le long de la frontière vient perturber, on se prend à rêver de cet ancien royaume florissant, marqué par les rites solennels de la liturgie arménienne et le négoce des marchands de la route de la Soie.

Située sur un important axe commercial est-ouest et dotée de défenses naturelles, Ani fut choisie en 961 par le roi bagratide ASHT II (règne 952-977) pour être sa nouvelle capitale, à la place de Kars. Ses successeurs SMBAT II (règne 977-989) et GAGIK 1er (règne 990-1020) régnèrent sur Ani, avant que des luttes intestines et l’expansion des Byzantins n’affaiblissent l’Etat arménien. En 1045, Constantinople s’empara de la ville ; en 1064 ce fut le tour des Grands Seldjoukides de Perse. Ani fut ensuite intégrée au royaume de Géorgie et appartint un temps aux émirs kurdes locaux. En 1229, elle tomba sous l’escarcelle des Mongols. Lors du tremblement de terre de 1319, une grande partie des bâtiments de la ville fut détruite, mais les Mongols, qui avaient conservé leur mode de vie nomade, n’en furent guère affectés. A la fin du XIV siècle, Tamerlan, enfin, lui porta le coup de grâce : les routes commerciales contournèrent Ani, qui périclita. Depuis, les vestiges de cette ville jadis opulente sont livrés à la nature.

ANATOLIE ORIENTALE
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