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Voyages, rencontres & aventures

Décembre 2017 - Retour aux Philippines

13 Janvier 2018 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

PHILIPPINES

Les rizières de BANAUE DANS LA CORDILLERE. Le village est cerné de tous côtés par des rizières en terrasses d'une beauté spectaculaire. Ces vertes cultures végétales se distinguent par des murets en terre au lieu des murets en pierre le plus souvent rencontrés dans la Cordillère. Leur introduction par les Chinois remonte à il y a plus de 2.000 ans, ce qui leur vaut d'être inscrites au patrimoine Mondiale par l'UNESCO. Ces rizières furent construites par les IFUGAO, jadis chasseurs de têtes, qui sculptaient le bois aussi habillement qu'ils façonnaient les terrasses. Leurs statuettes de BULOL, représentant la divinité du riz, sont devenus un symbole des Philippines. Superbe randonnée de Baunaue viewpoint à Pula, Kambulo et Bataq.

LE MUSEE DE BONTOC & LES CERCUEILS SUSPENDUS DE SAGADA. Le petit musée ethnographique de Bontoc est passionnant. Les sections sont consacrées aux principales ethnies de la région avec d'émouvantes photos en noir et blanc et des musiques indigènes. On y voit des haches des chasseurs de têtes du Kalinga. On y voit aussi des flûtes nasales finement gravées, des coiffes en vertèbres de serpent des femmes de Bontoe, des manteaux de pluie en écorce des Ifugao, des pagnes tissés utilisés par les hommes et des bambous évidés contenant l'alcool de riz pour les offrandes.

A Sagada l'ambiance est différente. On y croise quelques routards et des promeneurs sur les chemins des grottes ou de la vallée de l'écho où se trouvent les cercueils suspendus. Certains ont plusieurs siècles, les plus petits contiennent des corps en position foetale, les cercueils sont accrochés à bonne hauteur sur la falaise à pic. On voit aussi, fixées à la roche, des chaises funéraires syr lesquelles on attachait les morts lors de leur cérémonie d'obsèque. Les grottes de Lumiang contiennent aussi des cercueils. De vieux Applai animistes continuent d'y être enterrés, mais le plus spectaculaire sont les momies de Timbac. En effet, les Ibaloi pratiquaient depuis des siècles et jusqu'au XX siècle, la momification selon leur propre méthode car les cadavres sont séchés grâce à la chaleur et la fumée d'un petit feu, puis, méticuleusement plongés dans des bains de plantes qui agissaient comme conservateurs. De la fumée de tabac, était régulièrement soufflée dans les cavités abdominales afin de chasser les vers et de préserver les viscères. Le processus pouvait prendre jusqu'à un an.

 

BAGUIO est une station climatique et une ville universitaire de 250.000 habitants. Au milieu des pinèdes, il y règne une certaine fraîcheur. Le terrain est très vallonné pour arriver au village Tam-Awan. On y trouve 8 maisons traditionnelles Ifugao et 2 rares huttes octogonales Kalinga dans un parc paysager. Par temps clair, la vue embrasse la mer de Chine méridionale, d’où le nom « Tam-Awan » (poste d’observation), il y a même des ateliers artistiques et des spectacles de danses traditionnelles. Puis, la véritable perle de Baguio est le superbe musée BenCab. Il est en effet consacré à l’artiste Benedicto Reyes Cabrera, dit BenCab. Le bâtiment futuriste est aussi intéressant que les œuvres éclectiques de l’artiste. Les salles blanches immaculées donnent à voir un mélange d’œuvres modernes et d’art populaire philippin, présentés en tandem, dont des tableaux du maître et ses contemporains (Leonard Aguinaldo), des statues de bois de divinités animistes comme les bulol (divinités du riz) et des hagabi (bancs en bois sculptés rituels.

 

VIGAN est une des plus anciennes villes des Philippines. Le quartier de Mestizo compte de nombreuses demeures espagnoles en bois foncé, rues pavées et des kalesa (calèches). C’est le plus bel exemple de ville coloniale espagnole en Asie et donc classé au patrimoine mondial par l’UNESCO. Dans ce quartier historiqueles effleuves d’empanadas flottent au milieu des boutiques d’antiquités, des fabriques de poteries et des fenêtres en nacre de capiz (huîtres plates). C’est près de l’embouchure du fleuve Govantes, étape commode et stratégique sur la route de la soie maritime où les négociants chinois échangeaient l’or, les bois précieux et la cire d’abeille contre des marchandises du monde entier. En 1572, le conquistador Juan de Salcedo (petit-fils de Miguel Lopez de Legazpi, l’un des premiers conquistadors) prit possession de ce port international prospère. Il fut nommé lieutenant-gouverneur de la région d’Ilocos et Vigan s’imposa comme le centre des activités politiques, religieuses et commerciales dans le Nord. La ville s’illustra en tant que foyer de résistance lorsque, en 1762, Diego Silang s’empara de Vigan et la déclara capitale de l’Ilocos Livre. Il fut assassiné, et son épouse, Gabriela Silang, prit le pouvoir. Première femme à mener une révolte aux Philippines, elle fut capturée et pendue sur la grande place. Vigan échappa à la destruction pendant la Seconde Guerre Mondiale : les Japonais levèrent le camp juste avant l’arrivée des bombardiers américains qui annulèrent leur mission à la toute dernière minute.

L’architecture sino-espagnole unique avec des maisons construites par des marchands chinois qui s’installèrent ici, se marièrent avec des Philippines et finirent par former au XIX siècle, l’élite locale. On trouve dans les riches demeures, des éléments empruntés aux styles mexicain, caribéen et nord-africain, tels que de vastes vérandas, des patios luxuriants et des balcons en fer forgé. L’Asie se manifeste par les bois sombres des parquets, les fenêtres coulissantes en nacre de capiz et de ventanillas (aérations à claire-voie). Le rez-de-chaussée des demeures est bâti en pierre, strictement réservé à l’entreposage et au travail alors que le 1er étage avec la sala (salle de séjour) claire et spacieuse, constitue le lieu de vie. Les fenêtres en nacre de capiz sont aussi grandes que les portes et leurs larges rebords sont idéals pour la sieste. La plus belle surprise a été la visite de la SYQUIA MANSION car la QUEMA HOUSE était fermée.

La cathédrale St Paul est de style « baroque des tremblements de terre » (structure imposante et des murs épais) après qu’une construction antérieure ait été endommagé à deux reprises par des séismes en 1619 et 1627. Les balustres en cuivre du chœur viennent de Chine et l’on distingue encore des idéogrammes à demi-effacés. Le plan octogonal de l’édifice répond aux principes du Feng Shui.

J’ai passé un très bon séjour à l’hôtel Luna, dans une demeure du XIX siècle tout en pierres apparentes et parquets, rehaussée de lustres en cristal, de peintures et de sculptures d’époque. Les chambres sont spacieuses avec une belle salle de bain et une douche-pluie.

LES PLAGES DE PAGUDPUD : Plus au nord, Pagudpud a tout d’une carte postale : plages de sable blanc, cocotiers, eaux miroitantes couvrant toutes les nuances de bleu et habitants sympathiques. Malheureusement pour moi, ce jour-là, le ciel était couvert, très nuageux….  Mais c’était joli quand même. Il y a donc 3 plages (Saud, Blue Lagoon et Pansian) ainsi qu’une jolie chute d’eau (Kabigan falls) de 120 m que l’on atteint après une agréable promenade entre les rizières puis en pleine jungle.

Dans cette région (à Batac) se trouve aussi le MAUSOLEE DE MARCOS (1917-1989), je n’y suis pas allé, n’ayant pas vraiment de sympathie pour les dictateurs. Son corps embaumé est éclairé par des projecteurs, il repose sur un matelas dans une pénombre sépulcrale. Une musique chorale passe en boucle et renforce l’atmosphère lugubre. Le fait que sa famille ait pu rapporter sa dépouille dans sa maison natale témoigne de son influence politique encore présente. L’ambivalence (voire l’hostilité) des philippins quant à l’héritage du dictateur domine dans le pays, sauf dans cette région où l’on parle encore du Président Marcos avec beaucoup de respect.

LE TISSUS ABEL : Le peuple ILOCANO tisse à la main du coton pour obtenir ce qu’ils appellent le INABEL. Depuis les années 70, on mélange du polyester au cotn. Dans le nord de la région de Vigan, on appelle ces tissus, les BINAKUL, créés sur les métiers en « face à face » dans le sud on l’appelle KANTARINIS. Ces tissus servent à faire des couvertures, mais aussi des châles et des nappes ainsi que des chemises.

Sous les espagnols, des voiles de bateaux ont également été réalisées en ABEL ILOKO. La couleur, la qualité, le poids et la résistance de ces tissus en firent leur renommée dans toutes les Philippines et bien au-delà.

Avant l’arrivée des conquistadors espagnols, la côte Nord-Ouest de Luzon (de Bangui à Agoo) abritait de nombreux ports où les commerçants chinois, japonais et d’Asie du Sud-est amenaient vers Manille des tissus Ilocanos en coton, mais aussi de la cire d’abeille, du miel et même de l’or en échange de soie, céramiques et de fer. Du XVIII au XIX siècle les exportations se limitaient aux textiles en coton. L’ABEL ILOKO avait une valeur importante et était taxé par la Real Compra de Bandala de 1600. La culture du coton a été intensifiée sous l’impulsion des espagnols. En 1815 les paysans et les tisserands se révoltèrent d’être exploités par une classe qui s’enrichissait à leurs dépends. Durant la seconde guerre mondiale, la production de coton s’arrêta et après la guerre, les Américains saisir les terrains pour le compte de la Virginia tobacco afin de remplacer le coton par des champs de tabac.

TAGAYTAY, le VOLCAN TAAL et la ville coloniale de TAAL : La ville de Tagaytay s’étire sur 20 km sur la crête de la caldeira du volcan dont le cratère de 75 km de diamètre, est occupé par un lac, à 600 m en contrebas. La vue est grandiose, surtout depuis le People’s park in the sky, une résidence d’été inachevée et très délabrée de Ferdinand Marcos. On y voit un amphithéâtre grec en ruines et divers bâtiments très endommagés. Plus au sud, la cité coloniale de TAAL abrita la basilique Saint Martin de Tours, de 1759 puis reconstruite en 1849 et 1865 après avoir été détruite. Elle est de style baroque et c’est une des plus grandes et des plus anciennes églises catholique d’Asie. J’ai également visité une jolie maison coloniale, la Galleria convertie en un charmant musée d’appareils photo anciens.

PUERTO GALERA : Ce « port des galions », sur l’île de Mindoro, abrite plusieurs îles et des baies magnifiques avec une jungle épaisse qui part à l’assaut de montagnes pentues. J’ai séjourné au INFINITY BEACH RESORT superbe établissement à l’architecture zen et lumineuse en ciment brossé. Découverte des chutes de Talipanan à 30minutes de marche en forêt.

LE PEUPLE MANGYAN : Premiers habitants du Mindoro, les MANGYANsont arrivés il y a environ 800 ans. Ce peuple proto-malais, issu de la même ethnie que la majorité des Malais, compte 8 tribus linguistiquement apparentées et réparties dans la chaîne de montagne de l’île. Ils représentent environ 10% de la population du Mindoro. Par rapport à d’autres groupes indigènes des Philippines, les Mangyans ont davantage préservés leur culture. Ainsi, ils portent des costumes traditionnels, comme le pagne (baag), apanage des hommes. L’animisme reste une force puissante de leur cosmologie, souvent teintée d’influences chrétiennes.

La plupart pratiquent l’agriculture sur brûlis pour fertiliser le sol et planter des tubercules, du maïs, des légumes secs et du riz « de montagne » (très sec). A la saison des pluies, si le gibier est suffisant, ils chassent des cochons et des oiseaux. Ils descendent vers les basses terres les jours de marché pour vendre leur récolte et des pièces d’artisanat. Les Mangyans ont longtemps été persécutés par les nouveaux arrivants quand ils n’étaient pas involontairement mêlés à leurs guerres. Les Espagnols les ont châtiés pour la relation étroite qu’ils entretenaient avec les Moros. Les Américains les ont fait travailler dans les plantations de canne à sucre et les ont parqués dans des réserves. Récemment, les Mangyans ont été pris dans les feux croisés de l’armée philippine et de la Nouvelle Armée du Peuple (NPA). Le fait que leur culture traditionnelle ait survécu, malgré des siècles d’incursions étrangères, témoigne de leur vitalité et de leur ténacité.

A Talipanan, on voit que le village Mangyan est sur les basses terres, alors que la grande majorité des Mangyans vivent dans les montagnes. Ensuite la population semble relativement aisée : les jardins sont soignés et les maisons impeccables. On y trouve même un centre communautaire rempli d’ordinateurs flambant neufs. Les Mangyans qui vivent ici ont parcouru bien du chemin depuis qu’ils ont été chassés des collines il y a plusieurs décennies, au cours des affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles de la Nouvelle Armée du Peuple (NPA). En se réfugiant sur la plage, au nord de Talipanan, ils se sont rendus compte que le domaine appartenait à l’une des plus riches familles philippines, les Ayala. A travers l’Ayala Foundation, cette famille a soutenu un programme de développement durable au sein de cette communauté, concernant aussi bien les moyens de subsistance, que la santé, l’éducation et la nutrition. La fondation a aussi aidé le village à faire revivre la tradition du tressage hexagonal du nito (une liane) pour fabriquer des paniers. En visitant le village, on voit des vanniers à l’œuvre et on peut leur acheter leurs jolis articles en nito. Rien à voir avec la plupart des villages Mangyans d’une pauvreté extrême. Dans ce pays où l’écart entre riches et pauvres est si grand, voilà un bel exemple de solidarité.

Décembre 2017 - Retour aux Philippines
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