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Voyages, rencontres & aventures

2007 juillet Via Turanosis - St Jacques de Compostelle

18 Mai 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

2007 juillet Via Turanosis - St Jacques de Compostelle

~~2007 Juillet St Jacques de Compostelle Voici donc le but à atteindre d'ici le 01er juillet 2008, j'ai un an pour rejoindre St Jacques en VTT au départ de Paris, le 28 juillet, uniquement les week-ends et uniquement à la belle saison pour effectuer les 1.675 Km de la Via Turonensis, avec mon crédentiel, un magnifique challenge pour se retrouver en milieu de vie, seul face à Dieu, en pleine nature, sur le Camino légendaire. C'est aussi l'occasion de partager, d'échanger et communiquer avec d'autres pèlerins. De traverser des terres inconnues et de découvrir un magnifique patrimoine religieux. J'ai hâte de partir, après la Messe en la cathédrale Notre-Dame de Paris, à 08h00, le Samedi 28 juillet 2007. St Jacques, c'est parti ! ! ! Voilà donc, samedi 4 août, je pars pour effectuer le pèlerinage de St Jacques de Compostelle en VTT. Comme toujours, je suis en retard pour la messe à Notre-Dame à 08h00 puisque je quitte la maison par la Porte St Denis à 08h40. C'est sans doute à cause du dîner de la veille avec Y. et E. très sympa mais un peu trop arrosé, sans doute. Je décide de ne plus boire pour toute la durée du pèlerinage. Est-ce bien raisonnable ? En roulant sur le plateau Beaubourg, je m'arrête un instant devant le 77, rue St Martin, c'était mon premier appartement quand j'étais étudiant en Anglais à l'Institut Charles V, en 1981, j'avais 19 ans. Le petit studio du 3ème étage était très agréable. Je continu par la Tour St Jacques, toujours en restauration, mais qui commence à se dévoiler. Justement on en a parlé, hier, avec E. il était persuadé qu'elle avait brûlé, je lui ai confirmé qu'elle avait été détruite sur les ordres du Baron Haussmann pour percer la rue de Rivoli et qu'une manifestation des parisiens avait permis de sauver le clocher de St Jacques la boucherie, l'actuelle Tour St Jacques. Etait-ce vraiment un lieu de rendez-vous des pèlerins ? J'en doute. Enfin, j'arrive à Notre-Dame, la messe vient de se terminer, bon je prends quand même le temps de m'assoir pour penser un peu à ce que je m'apprête à effectuer : 1750 Km en VTT de Paris à St Jacques de Compostelle. Pourquoi ? La première raison qui me vient à l'idée, c'est à cause du tourisme. Je pense écrire sur les échanges socio-culturels, les retombées financières et les relations hôtes-pèlerins. L'identité et l'image du territoire se trouve modifiée en devenant une "étape du chemin de St Jacques". Il y a des enjeux pour le monde rural, quelles sont les possibilités réelles de développement touristique à partir des chemins de St Jacques ? Mais en fait, un pèlerinage, c'est d'abord et avant tout, une démarche individuelle, une quête spirituelle, une recherche de soi. Je m'interroge. Que vais-je trouver ? Sans doute, les centaines d'heures passées sur une scelle de vélo sont-elles propices à la méditation sur le sens de la vie, sur les millions de pèlerins qui sont passés avant. J'espère que mes amis et ma famille seront en bonne santé et heureux pendant mon pèlerinage et je quitte Notre-Dame. Il est 09h20 quand je traverse le petit pont et que je remonte la rue St Jacques jusqu'à la Porte d'Orléans. En passant devant le 316, rue St Jacques, je pense à mes ancêtres Bretons, débarqués au XIXème siècle de Merdrignac, les deux frères avaient loués un appartement dans cet immeuble. L'un était devenu gendarme, l'autre garçon de café. Je passe la Porte d'Orléans vers Bourg la Reine et Antony. C'est amusant, on a l'impression de remonter le temps sur la ligne droite que je parcours, car j'ai vécu à Bourg la reine - l'Haÿ-les-Roses et je suis né à Antony. Je traverse donc Antony pour rejoindre Massy. Là, je vois un randonneur, bâton à la main mais avec un sac à dos conséquent, serait-ce un autre pèlerin ? Donc le premier jour, c'est dur parce que même si je vais travailler tous les jours en vélo, je ne fais que 6,5 Km allé et la même chose au retour. Donc, en milieu urbain et plat, j'ai enchaîné 3 étapes des "marcheurs", sur l'excellent site de VTT pour St Jacques : http://perso.orange.fr/vtt.compostelle/ qui m'a inspiré ce périple, l'auteur écrit que par contre, en terrain accidenté on doit se limiter à 2 étapes de "marcheurs" en une journée. 1ère étape samedi 4 aout Paris-Massy (19 km) 2ème étape samedi 4 aout Massy-Arpajon (25 km) 3ème étape samedi 4 août Arpajon-Etampes (27 km) Je me rends compte rapidement que j'ai oublié mes lunettes de vélo et que mon sac à dos est trop volumineux. Première leçon, ne pas prévoir la nourriture, il va falloir dépendre des opportunités du chemin pour trouver à se nourrir. Deuxième leçon, je suis obligé de demander mon chemin assez souvent, je me suis même perdu, donc c'est la dépendance vis à vis des autres qui permet d'avancer sur le chemin. Même avec un bon guide et en étant sûr de soi, on dépend toujours des autres pour trouver le bon chemin. Ça fait un peu philosophie de comptoir mais quand on est pendant 6 heures sur sa scelle de vélo, on réfléchit "basic". Je vois de jolies petites églises en chemin et de petites communes de grande banlieue sud assez sympas, je continue jusqu'à Arpajon. Ce qui n'est pas rigolo sur cette partie du chemin, c'est de faire du slalom avec la RN20 pour l'éviter à tout prix, bien entendu. Je trouve que le guide "Lapere" est assez nul et confus dans ses explications par endroits, en particulier à Montlhéry, c'est très mal fait. A 12h30, je piquenique à la Ville du Bois, je n'amènerai plus à manger, c'est vraiment se charger inutilement, juste de l'eau, dans mon "Camel bag", après tout il y a toujours des boulangeries ou des petits commerces ouverts et ça permet de multiplier les contacts avec les habitants plutôt que de traverser leurs communes comme une boule de billard...... Voici l'église d'Arpajon. Je connaissais la Foire aux haricots de réputation mais, c’est bien tout. J'ignorai que la ville s'appelait Châtres sous Montlhéry jusqu'en 1720, date à laquelle elle a été achetée par le Marquis d'Arpajon, originaire du Cantal et que pendant la Révolution, elle s'est appelée brièvement Franc val. C'est assez joli. Juste après Egly, je passe devant le joli domaine des Ville louvettes, c'est un beau château qu'il doit être possible de privatiser pour des fêtes ou des mariages, j'imagine. Je continue dans des valons boisés, par des petites routes (mais toujours pas de chemins de terre en sous-bois) jusqu'au charmant village de St Sulpice de Favières. C'est magnifique, la vieille église et le drapeau devant le "point poste" de la mairie, derniers kilomètres avant Etampes, courage ! St Jacques (2) A Etampes, je suis étonné de trouver une très jolie petite ville avec plein d'églises. Par contre j'ai trouvé un hôtel à 60 €, c'est très cher, en passant devant la gare, je trouve un café-hôtel-restaurant "de la gare" à 50 €, je prends une petite chambre mais je me pose des questions sur le "budget" il faut que je puisse dormir pour moins cher que ça. Après une bonne douche, je fais un tour en ville, au presbytère, pour faire tamponner mon Crédentiel, c'est un petit document à volets que j'ai obtenu à l'association des Amis de St Jacques de la rue de Sévigné, près de la Place des Vosges. Premier tampon, je suis un peu ému, je trouve des jeunes de l'association "Remparts" qui restaurent un vieux lavoir et m'aident à trouver le prêtre qui a les clefs du bureau. Ils me disent : "hier, il y a un autre pèlerin qui a passé la nuit". Première surprise, je suis donc assimilé au peuple des "pèlerins", je ne suis pas un randonneur, un Vététiste ou autre mais un "pèlerin", deuxième surprise, on peut dormir gratuitement au presbytère qui a 5 ou 6 chambres, évidemment, c'est énervant de l'apprendre après avoir payé sa chambre d'hôtel 50 €. Dans Etampes, en ce début août, tous les français "de souche" sont en vacances et c'est amusant car 80% des habitants que je croise sont maghrébins, je pense que les vacances restent un "luxe" inaccessibles à beaucoup. Et puis, à Etampes, il y a la Tour Guillemette dont je fais le tour après dîner. Philippe Auguste a épousé en secondes noces (après le décès de sa première femme, Isabelle de Hainaut) Indeburge du Danemark, le Roi l'a épousé le jour de son arrivée à Amiens, mais le lendemain de la nuit de noce, il l'a répudié et fait enfermer 10 ans dans la Tour Guillemette d'Etampes, avant de la reprendre comme épouse, sous la pression du pape Innocent III. Que s'est-il passé au cours de cette nuit de noce ? Je n'ai pas trouvé la réponse sur le Net. Le lendemain, je démarre très tôt; à 07h00. L'itinéraire pour ce 2ème jour : 4ème étape dimanche 5 août Etampes-Angerville (25 km) 5ème étape dimanche 5 août Angerville-Artenay (36 km). J'ai dû mal à trouver la route à la sortie d'Etampes. Je demande mon chemin à un patron de bar alcoolique qui ouvre son bistrot, le balai à la main. Moi : "S'il vous plait pour aller à Guillerval ?". Il réfléchit, bougonne, Guillerval, Guillerval, ça dure bien 2, 3 minutes et puis d'un seul coup, il lâche : " C'est tout droit, vous pouvez pas vous tromper". Tout ça, pour ça ! ! ! On croit rêver. Bon, en route pour Guillerval. Je prends de chouettes sentiers en sous-bois, très agréables quand il fait beau et justement il fait même très chaud, ça a été le seul beau week-end de l'été en région Parisienne ! Je trouve des mûres, magnifiques et ma gourmandise me pousse à m'arrêter une bonne demi-heure, elles sont très bonnes. Je pense à la nature nourricière et généreuse, bon c'est facile, encore de la philosophie de comptoir, mais l'agriculture intensive et industrieuse avec tous les problèmes qui se posent, devrait nous encourager à consommer Bio et à se rapprocher de la nature. J'ai une dizaine de brugnons dans mon sac, c'est lourd et en plus ils ne sont pas très bons, je les donne à des chevaux dans une propriété de la région. Il faut partager et ne pas trop se charger, on dépend toujours des autres. Je traverse la Beauce et ses étendues d'une platitude légendaire. Il fait très chaud, je sais que je n'atteindrai pas Orléans, comme prévu, je me renseigne sur les trains au départ d'Artenay. Arrivé à Artenay, je croise une curieuse ligne de train à 5 m du sol, à l'abandon. C'est le projet d'aérotrain des années 70, les dizaines de kilomètres de la voie suspendue ne seront pas détruits car cela coûte trop cher, mais c'est très laid dans le paysage. Retour à paris, je suis épuisé ! St Jacques (3) Le samedi 18 août, je prends le train de Paris-Austerlitz à midi pour Artenay. Là, c'est l'église de Toury, juste avant Artenay, elle était magnifique avec son avancée en pierre (alors que les autres avaient une avancée en bois, qui a été détruite avec le temps). Je décide d'aller jusqu'à Beaugency ou même peut-être Blois. 6ème étape samedi 18 août Artenay-Orléans (26 Km) 7ème étape samedi 18 août Orléans-Beaugency (29 km) 8ème étape samedi 18 août Beaugency-Suèvres (21 km) 9ème étape samedi 18 août Suèvres-Blois (15 km) Juste encore un mot sur l'église d'Artenay, il y a au mur, une plaque commémorative d'un certain Charles GIBIER et c'est complètement incroyable : il est né pendant une nuit de Noël et il est mort un Vendredi Saint, quel étrange hasard, c'est incroyable, non ? J'ai photographié la plaque sinon, vous ne me croiriez pas....... Donc j'arrive très vite à Orléans, vers 14h20 et je continue le long de la Loire sur le GR3 c'est très agréable, très plat et donc ça va très vite. J'arrive à Beaugency vers 17h00, je pense continuer jusqu'à Blois pour y passer les nuits. Sur le petit chemin qui longe le fleuve, mon téléphone sonne, c'est Y qui a voulu me faire la surprise et m'attends à l'Auberge de Jeunesse de Beaugency, cela me fait extrêmement plaisir, je luis dis que je suis en route vers Blois, on décide de se retrouver devant le château. Du coup, je pédale encore plus vite pour ne pas le faire trop attendre. On prend un verre et une petite pizza puis il rentre à Paris et moi je vais dormir à l'Auberge de Jeunesse de Blois, qui est à 5 Km à l'extérieur, sur la route de Tours. J'arrive à 22h00, la dame n'est pas très aimable, il y a 5 ou 6 espagnols, garçons et filles qui sont venus en voiture. St Jacques (4) Il pleut, il pleut toute la matinée sur la route de Tours, je décide de ne pas m'enfoncer dans les chemins de terre (trop boueux) et de rester sur la départementale qui longe la Nationale et la Loire. Je m'arrête à plusieurs reprises car la pluie redouble d'intensité et je n'ai pas de vêtements de pluie, bien entendu. Du coup, je n'ai pas le tampon de Blois car je suis arrivé trop tard. En chemin toutes les églises sont fermées, curieux pour un dimanche matin ! Pas de temps, donc, j'attendrai Tours. 10ème étape dimanche 19 août Blois-Amboise (45 km) 11ème étape dimanche 19 août Amboise-Tours (28 km) En dépassant Amboise, légère accalmie, j'en profite pour pique-niquer, je me souviens avoir dormi à Amboise avec un groupe d'étudiants étrangers du CROUS, dont j'étais accompagnateur. H. étudiant Canadien en Criminologie l'avait rebaptisé "Angoisse" parce que tout était fermé le soir, nous avions sympathisé, il trouvait que le bruit des feuilles mortes, quand on les brasse avec les pieds, en marchant dedans, ressemblait au bruit des vagues de la mer, c'est assez exact, effectivement. Avant Tours, je m'arrête à Montlouis et je déguste ce vin, "capiteux au goût de pierre à fusil" cette description du guide Le père avait aiguisé ma curiosité, quel peut-être le goût de la pierre à fusil ? J'ai choisis un moelleux, excellent, j'en ai acheté une bouteille (heureusement je n'ai plus que 13 Km pour arriver à Tours) mais le train part dans une heure et demi, je ne dois pas traîner.

Dernière étape à travers bois jusqu'à Poitiers. Là j'attendais le prêtre d'une petite église pour qu'il tamponne mon crédentiel et nous avons discuté avec une dame qui avait le chemin de St Jacques à pied, nous avons tellement parlé jusque tard dans la soirée et après j'ai compris que je n'avais pas besoin d'aller plus loin sur cette route et j'ai rebroussé chemin.

2007 juillet Via Turanosis - St Jacques de Compostelle
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