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Voyages, rencontres & aventures

1991 octobre - Installation au Caire

11 Mars 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

1991 octobre - Installation au Caire

Un soir, j'entends une interview de Mr MAILLOT à la radio, il déclare que nous avons des filiales dans chaque pays de la Communauté Européenne. Le lendemain, je le croise au café "chez Raphaël" de NF et je me permets de lui faire remarquer que nous n'avons pas de filiale en Irlande, au Danemark et au Portugal.

A ce sujet, j'aimerai vous parler. Dans son bureau, je lui confie que j'aimerai ouvrir une filiale à Lisbonne, comme mon ex-collègue Jean Espinosa qui venait d'ouvrir la filiale à Istanbul. Par la suite, je vais faire à sa demande une étude de marché au Portugal, pour mon premier vol sur la TAP, je suis surclassé en business, j'y vois un signe favorable. Puis Mr Maillot m'explique que nous devons faire voler la flotte moyen-courrier de Corsair (principalement des B737-200) en basse saison et compte tenu de la communauté portugaise en Île de France, il peut y avoir beaucoup de mouvement, on appelle cela le "traffic ethnique". Il me confirme que la mission de créer la filiale me sera confiée. L'été passe et en septembre, nous nous croisons dans l'ascenseur. Mr Maillot me demande alors "Vous connaissez l'Egypte", je répond "J'y suis allé en vacances, comme beaucoup de monde". Il me dit alors "Dans 5 minutes dans mon bureau".

Grosso-modo, les égyptiens empochaient l'argent des excursions facultatives, il fallait donc négocier avec les égyptiens, connaitre leur prix d'achat et prix de vente et obtenir 50% de leur marge, pas évident. J'essaie de dire que le Portugal m'intéresse davantage, la réponse est directe "Si vous allez en Egypte, vous aurez le Portugal", j'y vais donc un peu contraint, mais il avait raison, c'était une expérience enrichissante et unique qui m'a beaucoup appris.

Le 5 octobre 91, j’arrive au Caire, enfin. Atef vient me chercher à l’aéroport, c’est un jour férié. Je m’installe à Zamalek, dans l’appartement de Gil de Béjary qui m’a précédé. 1A Saied El Bakry. Le lundi, je vais au bueau Naggar à 08h00. Le premier collègue qui arrive est Ahmed Salah. Je lui dis bonjour, il me répond « Et bien, je ne sais pas si c’est un bon jour ou un mauvais jour. » Bienvenue en Orient. Je rencontre toute l’équipe : Ahmed Salah, Ahmed E Naggar, Nader (le chef de service), Mustapha, Nabil, Fouad et Abdou. Peu à peu, je comprends la situation mais au début, c’est très difficile car on ne me donne aucune piste, je dois me débrouiller tout seul. Isolé, coupé de Paris, je me sens un peu dans la fosse aux lions.

Je pars une semaine en Haute Egypte (Assouan – son et lumière à Philae). Avec Edouard, nous visitons les bateaux Naggar : Queen Nabila, Queen of Sheeba, Ramses, King of the Nile. A Louxor, je rencontre Catherine Galle (la grande Catherine) et Mustapha Naggar. Je visite tous les hôtels vendus par NF. Pour l’anniversaire de Catherine, nous buvons du Champagne avec un groupe de jeunes à l’hôtel El Nil. Retour au Caire et à Paris en fin de mois. Il y a un restaurant sympa dans ma rue : La Charmerie. Il y a aussi l'excellent restaurant libanais Papillon, place du Sphinx à côté de l’hotel Al Nabila, Arabesque, le Fechaoui et chez Carole avec un vieux serveur francophone : M. Gamel, très "vieille France"

Le 3 novembre, je rentre en Egypte avec Dario, content de mon premier rapport et du soutient de Paris. Les midi, je déjeune chez Carole. Je visite le musée national avec Catherine Galle, Patrick Planchard et le guide Rifat. L'appartement a une terrasse panoramique, au dernier étage on domine le Nil et les lumières de la ville, c'est magnifique.

Je rentre quelques jours après pour les 25 ans de NF au Boléro, superbe fête, à l’entrée maillot sur son scooter. Je revois Jean Espinosa pour qui tout se passe bien en Turquie. Le 12 novembre, je rentre au Caire. Jacques Pons débarque, il m’aide à déménager de Zamalek à Talat Harb au 18, rue Hoda Shaharawi dans le centre, un appartement qui apparteient au père d’Ahmed El Naggar, juste sous le bureau. Le 16 avec Jacques nous allons à Hurghada où nous passons notre brevet de plongée PADI Open Water. Les cours sont en italien.

Je passe à Paris une semaine et revient en Egypte avec ma mère qui va à Minieh, seule en moyenne Egypte et fait de l'auto-stop en plein fief des frères musulmans. Le soir de Noël chez Nabil Abadir, sa femme cathy, ses parents et Magdy Kaldas. Dîner chez Mustapha Bakry. Le 28, je vais à Assouan pour faire la croisière.

Le 31 décembre 91 superbe réveillon à Kom Ombo sur le Queen Nabila III avec Ashraf El Taher et le groupe « Amicale du personnel » puis ma mère revient avec mon oncle et ma tante. Moataz est le deuxième accompagnateur egyptien, très sympa.

Un eductour est organisé pour les vendeurs NF. Hélène Berger est responsable des accompagnateurs, les après-midi il y a une longue coupure de 13h00 à 18h00, je vais faire du shopping à Concrete et Mobacco car le coton égyptien est d'excellente qualité. Ensuite, quand j’ai le temps, je vais au cinéma. Les films qui passent sont souvent des films d’action ou de karaté, très nuls, mais ça passe le temps. Le soir après l’agence, je fais le tour des hôtels où nous avons des groupes pour prendre la température auprès des clients et des accompagnateurs. Cela se passe en début et en fin de semaine car du mardi au jeudi, tous les groupes sont en Haute Egypte ou dans le Sinaï. Si un groupe est déçu par des prestations ou un hôtel, je fais pression sur Naggar pour qu’il offre un dîner-spectacle aux pyramides ou une compensation quelconque avant le retour en France.

En mars 1992 Ahmed Salah me propose de passer le permis de conduire avec son petit frère. Tout le monde s’entraîne sur un parking, je donne un bakchich pour pouvoir conduire au milieu de la circulation et m’habitué au traffic intense sur les routes du Caire. Les cours de théorie sont en arabe exclusivement, le frère de Ahmed me traduit les questions et les réponses. Pour la pratique, il y a des plots en plastique qui simulent une courbe de 30 mètres au milieu d’un parking. Il faut prendre cette courbe en marche avant et en marche arrière. Pendant cette deuxième partie, mon véhicule est en biais, j’ai râté. Je donne un bakchich et je repasse l’épreuve tout de suite, cette fois, je réussis. Il y a eu un egyptien qui a appuyé sur l’accelérateur au lieu du frein et il a foncé dans 5 ou 6 voitures en stationnement, c’était très impressionnant. Après avoir fait les photos et les certificats, Ahmed m’a accompagné pour récupérer mon permis de conduire, à Zamalek, sous le pont de l’autoroute. Attente, chaleur, sueur et finalement, je l’ai. Maintenant il me faut une voiture.Un employé égyptien de l’ambassade de France me vend une jeep de l’ambassade des Etats-Unis. Elle est haute et large, parfaite pour foncer dans la circulation. Heureusement, c’est Ramada, je profite donc de la rupture du jeûne, vers 18h00 pour rouler sur les voies désertes et m’habituer progressivement à la reprise de la circulation. Après 3 semaines, je n’ai plus peur de conduire, même quand il y a beaucoup de voitures.

Catherine Galle vient souvent avec des groupes de Patrick Planchard,

En août,il fait trop chaud, et un jour, à Assouan, je quitte le Queen of Sheeba pour monter la petite côte qui mène au Old Cataract, il fait 50°C et le macadam colle aux chaussures, c‘est vraiment trop chaud. De retour au Caire, Seydi vient passer une semaine en Egypte. Nous allons à Sharm el Cheikh pour plonger.

Quand j'habitais au Caire, je profitais de quelques jours de calme pour m'échapper dans le Sinaï afin de plonger en Mer Rouge. Plusieurs amis sont venus de France, Jacques, Laurent, Edouard et là, c'était ma copine : Seydi. Elle est venue de Lugano et a commencé la plongée à Sharm, moi j'en ai profité pour passer mon degré de Rescue Diver. Seydi (d'origine turque) a beaucoup aimé la plongée et les paysages magiques du désert, comme le canyon des couleurs ou Wadi Musa (les sources de Moïses - Où il aurait frappé un rocher avec son baton pour faire jaillir de l'eau). Il y a aussi bien entendu le monastère de Sainte Catherine, on escalade le Mont Moïse dans la nuit pour arriver au sommet avant l'aurore et assister au lever du soleil sur l'immensité désertique, c'est à couper le souffle.

Quand on plonge, il faut avoir un brevet et être bien encadré. La sécurité est fondamentale et tout est axé autour de cette priorité. On a l'impression de voler au dessus de failles sous-marines, le long des tombants (falaises) couvertes de gorgones avec des groupes de requins inoffensifs. A côté de Sharm, il y a le Parc National de Ras Mohamed avec une faune impressionnante, c'est un tombant abrupte vertigineux de plus de 2 Km de profondeur. On est surspendu dans le vide comme un bouchon, c'est génial.

Il existe 2 systèmes de graduations. Le système PADI qui est reconnu et pratiqué dans le monde entier et le système Français qui n'est accepté qu'en France (trouvez l'erreur). En plus le système français défend le feeding (descendre avec des tonnes de nourriture pour attirer les poissons) et on peut casser du corail ou remonter des souvenirs, bref une catastrophe. Le système PADI défend l'environnement, nous allons sous l'eau sans y avoir été invité, il convient de ne rien toucher, de ne rien remonter et de ne rien casser juste d'observer un point c'est tout.

La première épreuve pour l'Open Water PADI consiste à palmer une trentaine de mètres à 50 centimètres au dessus d'un sol sablonneux sans soulever de grains de sable......Ensuite il y a l'Advanced et le Rescue Diver. Par la suite je me suis spécialisé en archéologie sous-marine et en plongée sur épaves. Cet été, avec Elie, nous partons aux Marquises, à l'île de Pâques et ensuite chez un ami hyper-sympa, Daniel, à Raitea. J'ai hâte d'y être et j'espère que nous aurons l'accasion d'admirer ensemble les poissons dans le récif coralien.

Juste après le tremblement de terre d'octobre 1992, je quitte l'Egypte pour le Portugal avec l'objectif de créer une filiale NF.

Les amis égyptiens
Les amis égyptiens
Les amis égyptiens

Les amis égyptiens

Avec Seydi, Catherine Galle
Avec Seydi, Catherine Galle

Avec Seydi, Catherine Galle

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