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Voyages, rencontres & aventures

Derrière le rideau de fer

5 Février 2015 , Rédigé par Fifou d'ailleurs

Derrière le rideau de fer

J'avais trouvé un correspondant par une association parisienne. Au début je souhaitais un Soviétique mais, comme il n'y en avait pas, j'ai commencé à écrire à un Tchèque. Les journées de cours, s’enchaînent avec monotonie au lycée Maximilien Sorre. Fin mars, avec Patricia, nous allons chez sa cousine qui est coiffeuse à Créteil pour nous faire faire une permanente. Nous sommes frisés comme des moutons. Le soir même je prends le train pour Liège où je vais au grand escalier sur la colline, Aachen, Hannovre. Je passe à Gottingen dont m’avait parlé Nanou. Je continu vers Varsovie, il fait très froid, il y a de la neige partout. J’ai détesté Varsovie, j’ai passé la soirée au palais de la Culture, voir un film américain sur la guerre du Vietnam qui durait 30 minutes au lieu d’une heure et demi, à cause de la censure qui a supprimé trop de scènes, rendant le film incompréhensible. Je visite en patin (pour ne pas abîmer les parquets), l Palais de Willanov puis, je continue, toujours entrain, pour Cracovie. Le Wavel, Oswiecim et les mines de sel de Wielicka. Je logeais chez l’habitant et je laisse à ce brave chauffeur de taxi, une petite radio en guise de cadeau. Un jour, je venais d’acheter des tickets de tram et un coup de vent sur un pont a tout emmené, j’étais furieux, mettant du temps à me raisonner que ce n’était que quelques centimes….. Ce jour-là, je suis monté au monastère de Tyniec, de la vierge noire, écouter des chants Grégoriens. Il y avait de fortes rafales de vent, assez grisantes. En arrivant à Oswiecim, j’écris : « L’aube fraîche et claire pointait lentement sur la petite gare ferroviaire d’Oswiecim. Le train grince en frênant et se bloque dans un concert inharmonique de cris métalliques apocalyptiques exacerbés. Sur le seuil de la portière, je respire une grande bouffée d’air froid en retractant les yeux rougis et gonflés par le manque de sommeil. Face au vent piquant du Nord qui cingle mon visage, je saisis mon baluchon et rejette mon écharpe sur mon épaule gauche. Mes talons traînent sur le quai bitumé et un bref coup de sifflet libère le convoi vers d’autres espaces. De la passerelle on aperçoit clairement les quelques usines de la petite ville et la fumée bleutée qui s’échappe de leurs cîmes pour venir tâcher comme de l’encre le papier rose et bleu pâle du ciel lumineux. Les rues bientôt se succèdent, la gamme de gris qui compose le décor est soudain brisé par l’arrivée d’un autobus jaune et rouge. Les fils électriques sont cachés par son toit massif. Existent-ils toujours d’ailleurs ? Le véhicule me mènera à la terre du faucheur fou qui avait un nom d’outre Rhin. Ici les foules contraintes se bousculèrent pour succomber. La souffrance a grignoté l’espoir jusqu’à ce qu’il s’évapore par les hautes cheminées des fours. Ces pélerins esclaves sont tombés comme au long d’une horrible et fatale traversée en mer. Le vent peut bien, balayer les feuilles aujourd’hui, il ne peut effacer le souvenir du passé, ni les années de nos aînés. Il ne peut que sêcher mes larmes, roser mes pomettes, déranger mes cheveux et gonfler mes vêtements quand je me teins raide sous le porche métallique qui mensongeait la liberté en échange du labeur » Je continue mon périple avec Prague et Jicin où je devais rencontrer mon correspondant, Miroslav. En fait, il parlait à peine quelques mots d’anglais et pas du tout de français. Je rencontre son cousin, Milan Jezek, qui me fait conduire sa vieille Lada jaune dans les monts de Bohême. Nous dormons au foyer des étudiants à Prague et visitons la Bohême du nord.

Derrière le rideau de fer
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