Mercredi 28 novembre 2007
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Cette ville est vraiment magique, attirante, envoutante. Jamais je n'avais eu autant de plaisir à retourner. peut-être parce que, seul, j'avais toute la liberté de me perdre dans les
ruelles de retourner sur les lieux qui me plaisent tant, sans compte à rendre à personne. Seules mes soirées étaient agréablement occupées par des dîners avec des amis français,brésiliens et
portugais qui résident tous à Lisbonne.
Pourtant j'avais peu dormi le vendredi matin en prenant l'avion à 0700, Orly semblait irréel avec ses fantômes dans la salle d'embarquement. Il y avait ce couple de vieux portugais dans l'avion,
elle en larme sous un châle noir, lui au physique sec, ridé et voûté mais les yeux rougis par les larmes. Je savais qu'ils avaient dû recevoir un appel téléphonique hier, j'imaginais un fils qui
réservait des billets sur Internet en urgence, leur nuit blanche à penser à l'être cher disparu et puisle fils qui les a accompagné à l'aéroport, à l'aube, dans l'obscurité d'un matin d'hiver. Je
ne sais pas pourquoi mais dans tous les pays du sud, de la méditerranée, les morts sont ensevelis dans les 24 heures, malgré les moyens de conservations modernes qui permettraient de préparer
plus tranquillement les funérailles.
En arrivant à l'appartement avec mon gros sac, j'ai traversé la terrasse du café de la photo, il faisait très beau, grand soleil et ciel bleu. J'ai ^ris une
douche et je suis allé déjeuner avec Luis, mon ancien collègue de Nouvelles Frontières. Il est maintenant Directeur d'agence pour TUI à Cervantes. Il m'avait fixé rendez-vous pour déjeuner à
14h30, nous avons beaucoup parlé en dégustant un excellent plat brésilien dans un petit resto branché. Il est maintenant marié à une Polonaise, voyage beaucoup, partait le soir même à Madeire
pour le week-end.
J'ai arpenté les librairies en fin de journée, à la recherche de livres d'Antonio BOTTO, en vain, ni la FNAC, ni Bertrand n'en ont. C'est pourtant un auteur
connu, c'est assez incroyable qu'il ne soit plus édité. Le soir, j'ai retrouvé Laurent qui avait une petite mine, en rentrant, on a pris un dernier verre près de la maison. Une bière et un café
dans un bar pour 1,80 € l'ensemble !
Samedi, il faisait toujours aussi beau et chaud. En tee shirt toute la journée pour le dernier week-end de novembre, j'ai pris un café en terrasse, le soleil
était fort, j'ai décidé d'aller au marché aux puces, chercher le livre de Botto. J'ai arpenté la Feira da ladra en vain, les bouquiniste n'en avaient plus. La police était présente dans le marché
de la voleuse.
J'ai voulu retourner à l'église de Sao Vincente et j'ai trouvé une placette avec l'entrée du Couvent de S. Vincente que j'ai visité. Il y avait de superbes
azulejos et un panorama magnifique depuis les toits.
C'était une très jolie visite, après je suis allé faire quelques courses, j'ai déjeuné avec une salade de tomates au balcon, en plein soleil avant de prendre un petit gateau et un café à une
terrasse,au bord de l'eau. Puis je suis allé à Cais do Sodre prendre le train pour Oeiras, à la boutique de Miguel. Eduardo terminait les décorations de Noël dans les vitrines, ça a pris du
temps, nous sommes allés dîner au Picanhas avant de traîner dans quleques bars de Principe Real. iguel est rentré, j'ai continué à me ballader pour rentrer à la maison au soleil
levant....Madrogada
Il y avait une bande d'étudiants de Coimbra qui chantait et jouait de la musique dans le Bairro Alto.
Du coup je suis passé par la Casa dos bicos (maison des becs) pour retrouver Miguel et aller à Benavente (38 Km)
Benavente est un village dont Xavier m'avait parlé, en 95, en m'annonçant la mort de Dino. C'était au Bric à Bar, nous dansions avec Eduardo et Xavier m'a
fait signe qu'il voulait parler mais sur la piste de danse de cette discothèque toujours bondée, impossible d'entendre ce qu'il disait. nous sommes allés du côté des vestiaires et là, il m'a dit
tout net : Dino est mort hier. C'était un choc terrible,je me suis assis sur la chaise de la petite dame de l'entrée. J'avais vu Dino il y a 2 semaines, à la plage, toujours en pleine forme
extérieurement, bien que le Sida le rongeait de l'intérieur. Xavier a ajouté qu'il était enterré "Na sua terra, là em Benavente".
Et voilà que 12 ans plus tard j'y vais, en compagnie de Miguel. Il fait beau et chaud et ce pélerinage semble encore plus incroyable. Miguel se rappelle de Dino
qui avait supervisé les travaux de l'agence en tant qu'architecte, des blagues qu'il faisait sans cesse, de son éternel sourirre aux lèvres.
Le gardien nous montre la tombe de Dino
Diamantino, le fils de sa voisine, nous précise-t-il. Je me rends compte qu'il avait 34 ans au moment de mourrir, c'est jeune 34 ans. Enfin, je veux dire, c'est toujours jeune l'âge de sa
mort, mais 34 ans c'est particulièrement jeune et injuste. Il repose avec son père qui lui est mort à 54 ans, c'est jeune aussi, pour son père.
Il y a un petit médaillon
avec une photo de Dino en noir et blanc,peu de fleurs, seulement le soleil d'hiver et le ciel bleu sur nos têtes. En partant je remarque la tombe récente d'un jeune de 19 ans. De quoi peut-on
bien mourrir à 19 ans de nos jours ? Un accident de moto, de voiture en rentrant de boîte, je ne vois rien d'autre. En quittant le cimetière, la vie nous semblait bien injuste.
Avec Miguel nous avons quand même essayé de manger quelque chose, il m'a parlé de ses projets d'aller habiter à Madrid avant de me ramener à l'aéroport.